• Voici trois modèles d'exercice préparatoire à la dissertation. Ces modèles sont donc une application des consignes figurant dans la dissertation (1).
        Les deux premiers modèles furent réalisés par des étudiants (Magali Geuens et Valérie Dinant).
        Quant au troisième modèle, je l’ai réalisé moi-même. Dans le troisième modèle, les mots et expressions en caractères gras sont les liens logiques entre les alinéas. Les mots en italique sont les liens logiques à l'intérieur de chaque alinéa.

    Il existe une chose plus triste que rater ses idéaux : les avoir réalisés. (Pavese)


    1) Compréhension du titre

    a) Définition des mots

    triste : affligeant
    rater : manquer, échouer
    idéaux : buts, modèles d’une perfection absolue
    réalisés : menés à bien

    b) Autre phrase

    Atteindre son but est plus affligeant que de l’avoir manqué.


    2) Développement

    a) Part de vrai

        Tout d’abord, la réussite d’un idéal peut entraîner plus de malheurs que l’échec dans le cas où cette réussite provoque des désagréments à l’individu concerné. N’a-t-on pas ainsi menacé Galilée de mort lorsqu’il découvrit que notre système planétaire était héliocentrique, la découverte étant le but incontournable de chaque homme de science ?
         De surcroît, nous pouvons constater que cette phrase vise à consoler les personnes qui ont effectivement raté leurs idéaux. Ainsi, une personne ayant manqué un de ses buts essentiels et se trouvant en plein désarroi moral va, en entendant ces mots, analyser sa situation. Elle se dira alors que c’est finalement mieux ainsi et oubliera ensuite petit à petit tous ses regrets et déceptions.
         Dans le même genre d’idée, nous pouvons également dire que la phrase se veut rassurante envers les individus qui craignent l’échec. Il nous suffit de voir le nombre d’étudiants qui s’inquiètent pour leur avenir. Cette phrase leur permet alors de relativiser et de moins se focaliser sur la réussite qui, à cette époque de la vie, concerne surtout le domaine scolaire.
         Ensuite, la réussite des idéaux peut être plus affligeante que leur ratage dans la mesure où cette réussite s’est faite au détriment de certaines valeurs. Le cas se présente lorsqu’un chef d’entreprise réalise l’état d’équilibre financier, idéal économique par excellence, en méprisant totalement ses employés. Vu que des préjudices ont été portés à des êtres humains, cette réalisation est beaucoup plus affligeante que si l’équilibre n’avait pas été obtenu, mais dans le respect des individus.
         D’ailleurs, l’échec d’un idéal est moins douloureux que sa réussite lorsque celle-ci entraîne le désoeuvrement de l’individu. Ainsi, un homme dont le seul but est d’avoir une brillante carrière n’aura plus rien à réaliser une fois qu’il y sera parvenu, a fortiori si cette réussite se fait aux dépens de sa vie privée. Le reste de son existence sera donc vide comme une fin de spectacle dont l’apothéose se produit prématurément.
         Enfin, cette phrase semble s’appliquer à des idéaux funestes. Il est effectivement naturel de penser que lorsque notre idéal est de mourir afin de ne plus souffrir (par exemple en cas de grave dépression sentimentale ou autre), le réaliser est plus triste que de le rater. Il semble d’ailleurs que ce genre de situation fut vécue par Pavese : après avoir été abandonné par l’amour de sa vie, il tomba dans le désespoir jusqu’à se suicider. Ce souhait de la mort s’observe même dans sa poésie dont les vers trouvent leur apothéose dans l’expression de l’amour malheureux. Cesare Pavese, ayant réalisé son idéal morbide, laisse non seulement le regret de sa mort mais également la tristesse de sa poésie. Gageons qu’il en aurait sûrement été autrement s’il avait manqué son suicide.


    a) Part de faux

         Toutefois, nous constatons un manque de nuance de la part de l’auteur.
         Tout d’abord, le terme « triste » est beaucoup trop général. Car, s’il est vrai qu’une personne ayant réalisé un idéal a du chagrin, une autre personne peut très bien être réjouie de cette même réussite. Ainsi, en reprenant la découverte de l’héliocentrisme, nous savons que Galilée en a beaucoup souffert tandis qu’aujourd’hui, elle fait le bonheur de tous les physiciens.
         Deuxièmement, l’échec semble être beaucoup plus douloureux que la réussite d’un idéal dans le sens où, du point de vue de l’intéressé, une partie, voire l’entièreté, de sa vie s’en trouve gâchée. En effet, un homme qui rate ses rêves se confond en regrets comme quelqu’un ayant perdu les clés de sa maison multiplie les lamentations. Ce fut le cas pour Napoléon Bonaparte qui échoua à deux doigts d’accomplir son rêve (devenir empereur de l’Europe) et dont la vie devint une longue suite de malheurs jusqu’à son exil à Sainte Hélène et sa mort.
         D’autre part, la phrase de Pavese ne tient plus à partir du moment où l’on considère la connotation positive du mot « réaliser ». Effectivement, la « réalisation » ou « réussite » de quelque chose suscite en nous, rien qu’en l’évoquant, un sentiment d’allégresse, de fierté même. Celui-ci s’explique par le fait que l’on a accompli une chose pour laquelle on a investi du cœur et du temps. Dès lors, il est difficile de concevoir que « réaliser un idéal » puisse provoquer quoi que ce soit de négatif ou de triste. Ainsi, il s’avère probablement inutile de rappeler la joie d’un étudiant qui, après dix-sept ans d’études acharnées, obtient enfin son diplôme, idéal de tous les étudiants.
         Qui plus est, si tout le monde pensait comme Pavese, il n’y aurait plus aucun idéal dans le monde. En effet, si les gens croyaient que réussir un idéal est pire que de le rater, ils seraient démotivés puisque, pour eux, donner de soi pour réussir demeure, au final, inutile. Plus personne n’aurait de rêves, rêves qui se trouvent souvent à l’origine d’une évolution. Appliquons cette idée à un fait d’actualité, à savoir l’aide humanitaire apportée au tiers monde par des organismes tels que « Médecins sans frontières ». Ces médecins volontaires ont souvent pour idéal de sauver des vies. Pour cette raison, certaines personnes sacrifient jusqu’à leur confort afin d’améliorer la situation de ces personnes défavorisées. En revanche, supposons un instant que ces mêmes volontaires aient eu la même optique que Pavese. Ils n’auraient alors jamais tout sacrifié pour aider autrui, puisqu’ils auraient été malheureux en cas de réussite. Et par conséquent, la condition des personnes du tiers monde n’aurait connu aucune amélioration.
         Nous terminerons notre réflexion en soulevant que la phrase de Pavese n’a en définitive aucun sens, car « réaliser » un idéal se révèle être impossible pour deux raisons.
        D’une part, lorsque l’on regarde l’acception exacte du mot « idéal », nous observons qu’il s’agit d’un « modèle de perfection absolue ». Et par définition, la perfection n’existe pas. Ainsi, le modèle de la démocratie parfaite en politique reste une utopie, car, étant appliqué par des hommes, il demeure toujours des écarts, personne n’étant infaillible. D’autre part, même si la situation de quelqu’un peut sembler parfaite, la nature constamment insatisfaite de l’homme fera que l’individu ne la reconnaîtra pas comme telle. Il nous suffit de citer Emma Bovary du roman éponyme de Flaubert. En effet, même lorsque sa liaison avec Léon, son amant, semble se rapprocher de son idéal amoureux, elle parvient encore à n’être pas comblée totalement. Cette attitude portera d’ailleurs son nom : on parlera du « bovarysme ».




    L’important, ce n’est pas ce qu’on réussit, c’est ce qu’on essaie. (Marcel Achard)


    1) Compréhension du titre

    a) Définition des mots

    important : ce qui importe le plus
    réussit : fait avec succès
    essaie : s’efforce de faire, tente

    b) Autre phrase

    L’essai importe plus que le succès


    2) Développement

    a) Part de vrai

        Tout d’abord, nous pouvons remarquer que la phrase traduit une certaine philosophie visant à rassurer l’homme vis-à-vis des échecs qu’il doit essuyer tout au long de son existence. En effet, l’homme est un être fragile qui assume souvent mal les échecs. Donc, si l’essai est considéré comme plus important que la réussite, l’échec perd de son importance et tend à déculpabiliser l’homme. Celui-ci sera alors plus enclin à tenter une nouvelle fois d’atteindre son but et peut-être réussira-t-il là où il a échoué. La citation de Marcel Achard peut même procurer une certaine satisfaction à celui qui échoue: «Si je n’ ai pas réussi, j’ai quand même essayé ! »
        En ce qui concerne la façon d’appréhender le futur, nous pouvons affirmer que cette phrase incite à l’optimisme et à la persévérance. On peut effectivement se dire qu’à force d’essayer, on finira bien par obtenir le résultat escompté.
        Nous pouvons aller plus loin sur le plan de la réflexion en affirmant que l’essai est indispensable à la réussite comme l’eau l’est à la vie. Si sans eau il n’y a pas de vie, il est tout aussi manifeste que sans essai, il n’y a pas de réussite possible. L’essai est alors considéré comme étant le premier pas ou la première démarche à réaliser pour réussir : la volonté de procéder à une série d’essais est inhérente au désir de réussite. Ne pas essayer, c’est abandonner avant d’avoir commencé ! Ainsi, si Newton n’avait pas tenté de comprendre le phénomène d’attraction mutuelle des corps, il n’aurait jamais réussi àdéfinir la loi de gravitation universelle.
        De surcroît, le mot essai présente déjà en lui-même une connotation positive : qui dit essai, dit effort. De ce mot, émane donc une notion de volonté.
        Enfin, signalons que si on se donne la peine d’essayer, les efforts se soldent soit par la réussite, soit par la volonté de tirer des leçons des erreurs passées afin que les essais futurs soient couronnés de succès. Citons, par exemple, l’élève qui rate une année scolaire à cause d’une mauvaise organisation dans son travail et qui essayera de tirer profit de son échec en remédiant à cette lacune. Alors, il réussira peut-être son année. Dans cette optique, l’essai aura joué un rôle majeur dans la réussite.


    b) Part de faux

        Cependant, certaines considérations permettent de s’interroger sur la position adoptée par l’auteur.
        Pour commencer, soulignons l’importance de la réussite dans la société actuelle. En effet, il est du devoir de chaque citoyen de mettre ses compétences au service de la société. Celui qui n’a rien à offrir à celle-ci est comme une sangsue fixée sur la peau de l’homme : elle se nourrit de son sang sans rien lui offrir en retour. Nous pouvons donc en déduire que celui qui essaie un peu de tout sans rien réussir vivra aux dépens de la société.
        En outre, soulignons l’inutilité de l’essai s’il n’est pas accompli dans un esprit de réussite. «Qui veut la fin, veut les moyens» dit le proverbe. Mais, si la fin n’est pas fermement escomptée par l’individu, il s’investira d’autant moins dans la réalisation de ce qu’il ne vise même pas. Il en résultera une absence complète de motivation et donc une faiblesse des moyens mis en oeuvre, entraînant la futilité de l’essai.
        À l’inverse, lorsque la réussite est considérée comme un but en soi, atteindre ce but procure une grande satisfaction permettant de nous affirmer en tant que citoyens responsables et estimables dans notre société actuelle.
        Par ailleurs, notons que la personne qui réussit du premier coup à atteindre son but est enviée par celle qui doit essayer maintes fois pour aboutir à un résultat. Dans ce cas-ci, nous pouvons constater que la finalité de l’essai est la réussite, celle-ci ayant une importance considérable.
        Pour terminer, nous devons concevoir qu’essayer sans jamais réussir peut mener à la démoralisation de la personne. En effet, l’être humain est fragile et a besoin de se sentir utile et estimé par ses proches. En outre, le proverbe «Toute peine mérite salaire» est révélateur. En effet, si la personne n’obtient jamais de résultat, elle se lassera d’essayer sans être récompensée et ne voudra plus fournir d’efforts. Ceci permet de souligner l’importance de l’objectif.




    Le geste manqué sert le geste qui réussit (Saint -Exupéry)


    1) Compréhension du titre

    a) Définition des mots

    geste : action, démarche
    manqué : qui n’est pas devenu ce qu’il devait ou prétendait être
    sert : est utile
    réussi : exécuté avec succès

    b) Autre phrase

    L’action ratée est utile à la réussite.

    2) Développement

    a) Part de vrai

        Signalons pour commencer que de nombreuses personnes qui veulent atteindre un objectif commettent des erreurs. «Errare humanum est» disaient les latins : l’erreur est humaine. En effet l’homme est un être fragile et à ce titre nous pouvons comprendre que ses chemins de réussite soient parsemés d’échecs. Et ceci est valable pour tous les secteurs de notre vie. Même si ces erreurs ne sont pas toutes excusables.
        Nous pouvons aller plus loin sur le plan de la réflexion en affirmant que certaines erreurs ont permis d’obtenir une certaine réussite. Pensons aux fuites observées à l’intérieur de la commission Dutroux en Belgique. Celles-ci permettront sans doute dans le futur d’améliorer certaines règles déontologiques lors de la création de commissions futures. Sur le plan du progrès scientifique nous constatons que celui-ci se base en grande partie sur les erreurs du passé. Prenons le cas de certains politiciens qui ont dû essuyer des échecs avant d’ atteindre leur objectif, Sur le plan scolaire le parcours de l’élève est parsemé de difficultés voire d’échecs qui l’aident à progresser dans la mesure, bien entendu, où l’élève témoigne d’un esprit volontaire.
        D’ailleurs les obstacles rencontrés aident parfois à persévérer dans un domaine et aboutissent souvent à une réussite supérieure à celle que l’on attendait. À la condition bien entendu de ne pas se laisser abattre par la moindre difficulté. Certains couples en difficulté, par exemple, peuvent saisir leur chance à travers l’obstacle qui se présente à eux : le manque de dialogue qui est à 1’ origine de leurs difficultés peut les aider à se surpasser et par la suite à faire grandir leur relation. Ce dernier exemple nous prouve donc que l’échec peut être un facteur fondamental de réussite, car les erreurs que nous commettons nous obligent à nous dépasser.
        De plus nous pouvons affirmer qu’un geste manqué déterminé, s’il constitue un échec pour une personne, peut par ailleurs apparaître comme profitable pour une autre personne. Nous pensons au cas du docteur qui a donné à une connaissance un médicament pour les nerfs. Ce médicament l’a rendue encore plus nerveuse qu’auparavant. Alors que sa voisine est totalement satisfaite du même médicament.
        Sans compter que l’erreur peut servir de réflexion à n’importe quel individu quel que soit son niveau culturel ou social. Ainsi un patron, qui ne fait plus de bénéfice, a l’intention de fermer son entreprise sans consulter son personnel. Apprenant la décision de fermer l’entreprise, le personnel décide de faire grève, occasionnant des pertes beaucoup plus importantes. Le patron se rendant compte de son erreur entame des négociations avec ses employés. Ces négociations vont entraîner une réouverture de l’usine et le bonheur de ses employés qui, malgré certains sacrifices consentis, ont pu éviter le chômage. Ce dernier exemple prouve que les erreurs commises par le patron et l’ouvrier ont pu être bénéfiques aux personnes en question.
        Nous dirons même, aussi curieux que cela puisse paraître, que l’erreur est indispensable à la société actuelle comme la lumière est indispensable aux plantes. Sans la lumière la plante se détruirait progressivement. Sans erreur commise la société ne serait pas ce qu’elle est, car, comme nous l’avons dit plus haut, elle s’est construite sur les erreurs du passé. C’est l’erreur qui nourrit en partie la société, comme la lumière nourrit en partie la plante.
        Il faut encore signaler que certaines personnes commettent parfois des erreurs inconsciemment, sans s’en rendre compte et sans le vouloir. La «bêtise» du petit enfant est, par exemple, souvent inconsciente et involontaire. Ici c’est l’entourage immédiat de l’enfant qui lui permettra de se rendre compte de son erreur. L’enfant décidera alors de ne plus commettre cette faute : cette prise de décision lui fera obtenir une certaine réussite sur le plan personnel.
        Nous remarquons également que l’on ne commet jamais deux fois la même erreur. Pourquoi ? Parce que l’homme est un être intelligent, capable de raisonner et par conséquent capable de tirer les leçons d’une action ratée. Ainsi mon frère a mis sa main sur le feu et se l’est gravement brûlée. Dès ce jour il a appris qu’il ne fallait pas toucher au feu et n’a plus jamais réitéré ce geste. De ce fait il est plus attentif aux erreurs déjà commises. Nous pouvons ajouter que les erreurs des hommes sont tellement nombreuses qu’elles peuvent également servir de leçon pour d’autres personnes qui ne souhaiteraient pas commettre les mêmes erreurs. Ainsi de nombreux politiciens s’appuient sur les erreurs de leurs prédécesseurs pour mieux gouverner leur pays.
        Par ailleurs, il est intéressant de relever que si Saint-Exupéry a écrit une telle phrase, c’est sans doute pour déculpabiliser l’homme qui éprouve parfois une honte vis-à-vis de l’erreur commise. Ernest Junger écrivait à ce propos : «une erreur ne devient une faute que lorsqu’on ne veut pas en démordre». En d’autres termes l’erreur n’est jamais une faute si elle permet à celui qui l’a commise de s’en rendre compte. Et cette prise de conscience lui permet d’avancer sur le chemin de la réussite, D’autant plus que l’homme est un être raisonnable : nous pouvons par conséquent supposer que sa raison lui permet, dans de nombreux cas de grandir et de comprendre la valeur de certains échecs !


    b) Part de faux

        Néanmoins il nous semble que l’auteur devrait davantage nuancer son point de vue.
        Tout d’abord, nous pouvons affirmer que l’échec n’aboutit pas toujours à la réussite. En effet lorsque nous subissons un échec, nous sommes démoralisés. Nous pouvons perdre notre motivation à réussir ce que nous voulions entreprendre. En outre, si nous sommes souvent pénalisés lorsque nous commettons des erreurs, nous ne serons plus tentés de réaliser des efforts. Et c ‘est icique notre force intérieure devrait prendre le pas afin que nous soyons malgré tout des «battants» : surmonter la démoralisation... n’est-ce pas une forme de réussite, c’est-à-dire une victoire sur nous-même ? L’élève en situation d’échec a donc deux possibilités devant lui : ou bien il se sert de cette situation pour améliorer sa situation ou bien il se laisse abattre et court droit à l’échec. Il existe aussi le cas de ceux qui ne réussissent jamais dans un créneau déterminé et ce malgré les efforts fournis. Il faut peut-être alors changer son fusil d’épaule et comprendre que la situation d’échec est parfois un avertissement qui nous pousse à découvrir d’autres voies et, par conséquent, une réussite sur un autre plan.
        Bien entendu il existe des cas dont Saint-Exupéry ne tient pas compte. En effet il ne faudrait pas oublier, que certaines erreurs sont inexcusables et que donc, elles n’auraient jamais dû exister : nous pensons à certaines erreurs médicales impardonnables ou aux actes criminels nombreux.
        Qui plus est nous pensons que certaines erreurs ne déboucheront jamais sur une quelconque réussite. Prenons le cas du pédophile qui viole une jeune fille. Il est jugé et va en prison dans le but de ne plus recommencer. Lorsqu’il sortira de prison, il est vraisemblable qu’il perpétra ses actes de pédophilie. Doncnous n’obtiendrons probablement jamais de bons résultats avec ce genre d’individu qui est une nuisance pour notre société. En effetdans ce dernier cas, nous ne voyons pas très bien à quelle réussite l’acte du pédophile pourrait aboutir !
        D’autre part l’auteur de la phrase valorise, nous semble-t-il un peu trop l’erreur commise. Il semble placer la réussite au second plan. Comme si l’erreur était perpétuellement indispensable à la réussite ! Il n’y a qu’un pas pour mettre en doute la valeur d’une réussite sans échec au préalable !
        Il faut encore reconnaître que certaines personnes ont davantage les moyens que d’autres pour mettre à profit les erreurs commises. Ainsile poids d’une erreur de placement financier a moins d’impact pour un individu fortuné que pour un autre moins aisé ! L’erreur commise débouchera moins sur la réussite du deuxième que sur celle du premier ! Nous pouvons aussiparler des personnes qui n’ont pas les moyens physiques et psychologiques d’atteindre la réussite après une erreur commise. Ces mêmes personnes peuvent également commettre davantage d’erreurs. Celles-ci, n’étant pas, par ailleurs, nécessairement profitables. Pensons, par exemple, à la personne âgée qui laisse traîner son sac à main et se fait souvent voler, à l’enfant qui insulte ses parents dont il est l’éternelle victime...
        Nous ajouterons que si nous considérons positivement l’erreur, notre regard sur le futur sera moins pessimiste, nous trouverons davantage d’énergie en nous-même pour atteindre la réussite.
        Pour terminer nous dirons que certains gestes manqués empêchent la réussite d’autres personnes qui en sont les victimes : les parents dont l’enfant a été assassiné sont victimes d’erreurs qui ne servent à rien... sinon à ternir le blason de l’être humain qui encore et toujours est un loup pour l’homme.



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    Voici quelques consignes qui vous permettent de réaliser un exercice préparatoire à la dissertation

     

    1) Consignes générales

    La première partie du devoir a pour titre « Compréhension du titre »

    - Indiquer ensuite le sous-titre « Définition des mots» et définir les principaux mots du titre
    que l’on place l’un en dessous de l’autre (souligner les mots) : ne donner que la définition qui convient en tenant compte du sens de la phrase.

    - Indiquer ensuite le sous-titre «Autre phrase» et créer une autre phrase qui a exactement le même sens que celle du sujet donné (ne pas créer une phrase plus compliquée que celle de l’auteur!).

    La deuxième partie du devoir : rédiger un développement en deux parties (min. 65 lignes pour les deux parties) en indiquant comme sous-titre part de vrai pour la première partie et part de faux pour la deuxième partie.


    2) Comment réaliser concrètement ce travail ?

    • Nécessité de lire attentivement le titre plusieurs fois (cf. il faudra discuter le problème évoqué par le titre : seulement ce titre et pas seulement un mot du titre !).

    • Parmi les divers sens de chaque mot du titre, il faut retenir le sens qui paraît répondre à l’intention profonde de l’auteur. Dans cette recherche on peut être aidé :
    - Par la confrontation des mots qui permettra d’écarter certaines significations
    invraisemblables.
    - Par une certaine connaissance de l’auteur de la citation (le placer dans son siècle).

    • La deuxième partie du devoir répond en fait à la question suivante: «Suis-je complètement d’accord avec l’affirmation de l’auteur ?». Il faut savoir que toute assertion contient une part de vérité et d’erreur. Par conséquent il convient :
    - Dans la part de vrai de révéler des arguments qui vont dans le sens de la phrase de l’auteur.
    - Dans la part de faux de donner des arguments qui contrecarrent ou nuancent le point de vue exprimé dans la phrase de l’auteur (il s’agit de percevoir les lacunes, les exagérations ou les risques de la pensée de l’auteur).

    • Il est indispensable de prouver tout ce que l’on avance. Pour ce faire on utilise des arguments. Voici quelques arguments que l’on peut utiliser dans la part de vrai et dans la part de faux. En outre prenons comme exemple la phrase suivante : «Je n'ai pas peur des ordinateurs. J'ai peur qu'ils viennent à nous manquer.» (Isaac Asimov)

    - Preuve par la notion ou preuve a priori : la simple analyse d’un mot ou d’une idée peut déjà fournir une preuve en elle-même.

    Si j’ouvre mon dictionnaire je peux lire que l'ordinateur, au sens étymologique du terme, signifie «machine électronique de traitement numérique de l'information». Voilà un argument dont je peux me servir pour rejoindre le point de vue de Asimov, L'ordinateur n'est donc qu'une machine : une machine n'a jamais satisfait totalement l'homme !

    - Preuve par la cause : pour découvrir la cause il faut poser la question : «Pourquoi ce fait est-il vrai?»

    Posons, par exemple, la question suivante : «Pourquoi cette peur est-elle fondée ?». Nous pouvons répondre de la façon suivante : « Parce que l'homme est un être qui, parfois, recherche une trop grande facilité. À ce titre il se repose souvent sur la machine qu’il croit toute puissante et qu'il considère ainsi comme un maillon essentiel dans sa vie. Il en est donc souvent très dépendant ! Il oublie que l’ordinateur n’est qu’une machine : une machine, à la différence de l’être humain, ne peut pas nous manquer !

    - Preuve par la conséquence : on montre la vérité d’une idée au moyen de ses conséquences.

    Reprenons notre sujet et posons, par exemple, la question suivante : «Quels sont les dangers de cette croyance absolue en l'ordinateur ?» Si l'homme est dépendant de l'ordinateur au point d'avoir peur qu'il lui manque, il risque de ne plus croire en ses propres capacités qui sont en fait bien supérieures à celles de la machine ! Il risque de voir en l'ordinateur un être humain capable de combler tous ses manques !


    - Preuve par l’analogie : il s’agit de tirer argument d’une idée ou d’un fait appartenant à un autre domaine. Le fait qui me sert de preuve doit être, dans son domaine, en une identique condition que le fait que je veux prouver. C’est un raisonnement à quatre termes (A est à B comme C est à D).

    Pour prouver que la dépendance vis- à-vis de l'ordinateur est néfaste, je pourrais affirmer que le l'ordinateur peut nuire à l'homme comme le travail peut nuire au bien-être. Le travail, pourtant bien nécessaire dans notre société, peut rendre l'homme esclave, comme l'ordinateur, dont il ne faut pas nier les avantages, risque de rendre l'homme totalement dépendant de la machine.


    - Preuve par l’exemple : on fait allusion à un fait particulier qui appartient au même domaine. Si l’on utilise la preuve par l’exemple, l’exemple doit toujours illustrer une idée générale : on ne peut donc jamais commencer un raisonnement par un exemple.

    Je montrerai que les ordinateurs ont créé parfois des situations conflictuelles et je ferai donc allusion à certaines entreprises. Je prouverai également que certaines personnes en sont vraiment dépendantes en faisant allusion à des exemples concrets (perte de contact avec la vie familiale...)


    - Preuve par le témoignage (argument d’autorité) : faire allusion à une déclaration d’une personnalité importante, donner une citation... Déclaration et citation révélant les méfaits de l'ordinateur si on considère celui-ci comme un outil dont on ne peut plus se passer. Pourquoi aussi ne pas faire référence à l’auteur de la citation ?

    • Voici 13 sources où l’on peut puiser les arguments pour la deuxième partie (ces 13 sources ne doivent bien sûr pas être toutes utilisées !). On veut prouver, par la conséquence, que la justice est une notion indispensable. On peut le prouver en faisant un choix parmi les sources suivantes :

    - Plan physique, plan psychologique et plan spirituel.
    - Plan technique, plan politique, plan social, plan économique, plan juridique.
    - Plan de la connaissance, plan de la création artistique, plan philosophique, plan moral et plan religieux.

    • Dans la deuxième partie, il est conseillé d’ordonner les preuves (commencer par un argument de force moyenne, terminer par l’argument le plus fort, placer entre les deux les arguments les plus faibles).

    • Pour apprendre à nuancer ma pensée je peux appliquer la théorie du carré logique à partir duquel les logiciens ont construit leurs syllogismes. Voici les quatre propositions du carré logique :

    Tout homme est juste (générale affirmative).
    Aucun homme n'est juste (générale négative).
    Certains hommes sont justes (particulière affirmative).
    Certains hommes ne sont pas justes (particulière négative).

    Montrons maintenant comment nous pouvons appliquer cette théorie du carré logique. Admettons que je doive réaliser une dissertation sur le sujet suivant : «Les émissions de télévision nous enrichissent».
    Je peux montrer par l’exemple (en appliquant donc le carré logique) :
    - que certaines émissions sont enrichissantes pour les enfants (certains bons dessins animés par exemple) et d'autres sont enrichissantes pour les adolescents et les adultes (voir les quelques bons films qui passent parfois à la télévision !).
    - qu’ aucune émission n’est enrichissante dans certaines circonstances (lorsque par exemple nous sommes accablés par la fatigue. D’où l’intérêt de présenter certaines émissions à des heures pas trop tardives).
    - que d’un certain point de vue, toutes les émissions peuvent être enrichissantes (les émissions les plus stupides nous permettent de décoder leur idéologie et donc, d’une certaine façon, nous obligent à ne pas nous laisser manipuler).
    - que certaines émissions sont enrichissantes pour tous (voir les documentaires animaliers par exemple).
    - que certaines émissions ne sont enrichissantes pour personne. («Les feux
    de l'amour», «Loft Story» !).


    Derniers conseils

    • Comprendre le titre

    • Je conseille dans un premier temps de partager la feuille de brouillon en deux colonnes et d’indiquer sous forme de plan dans la colonne de gauche les arguments qui défendent le point de vue de l’auteur et dans la colonne de droite les arguments qui nuancent ou critiquent son point de vue. Ensuite mettre de l’ordre, supprimer les idées répétées...

    • Un texte suivi avec alinéas corrects est indispensable (créer des mots-liens entre les alinéas et entre certaines phrases de l’alinéa).

    • Les idées doivent s’enchaîner logiquement : on doit avoir l’impression de lire une «mécanique bien huilée» qui progresse vers un but (la pensée doit progresser avec ordre) :
    - Ne pas se répéter
    - Ne pas oublier les liens logiques

    • Ne pas montrer au lecteur que vous utilisez des preuves (ne pas écrire: «Pour défendre cet argument j’utiliserai la preuve par la conséquence !»).

    • Au début des différentes parts (part de vrai et part de faux) indiquer ce dont on va parler.

    • Bien sûr les deux parties ne doivent pas avoir une longueur équivalente.

    • Toutes les idées doivent être prouvées (éviter les affirmations gratuites).

    • Bien cerner le sujet choisi (analyser le sujet le plus complètement possible).

    • Ne jamais quitter le sujet proposé (éviter les digressions).

    • Utiliser plusieurs arguments :
    - Au moins trois arguments (trop d’étudiants n’utilisent que la preuve par l’exemple : faute grave, car l’argumentation est alors insuffisante).
    - Une preuve peut être utilisée à l’intérieur d’une autre preuve (je peux prouver par la conséquence que la technique est utile à l’homme et à l’intérieur de cet argument utiliser la preuve par l’exemple («grâce à l’ordinateur le travail s’exécute plus rapidement. Ainsi certaines entreprises comme..., ont pu augmenter leur productivité grâce à cette machine»).
    - Des preuves identiques peuvent être utilisées aussi bien dans la part de vrai que dans la part de faux.

    • Ne pas créer une rupture trop brusque entre la part de vrai et la part de faux (commencer, par exemple, la part de faux de la façon suivante: «Néanmoins il me semble que l’auteur devrait davantage nuancer son point de vue.»)












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